Serbie et Monténégro (ex-Yougoslavie)

Magasin juif de Belgrade, avant la Seconde Guerre mondiale (Yad Vashem, Jérusalem)
Magasin juif de Belgrade, avant la Seconde Guerre mondiale (Yad Vashem, Jérusalem)

La Serbie et la Voïvodine forment, avec le Monténégro, ce qui constitue aujourd’hui la République fédérale de Yougoslavie. Ces deux pays ont été le terrain d’une des premières mises en oeuvre de la Solution finale, et l’ensemble de la population fut autant martyrisée par les armées allemandes qu’en Pologne ou en Union soviétique. En Yougoslavie, l’entreprise d’extermination des juifs commence, en effet, dès 1941, c’est-à-dire quelques semaines avant l’attaque par Hitler de l’Union soviétique.

Dans les zones directement administrées par l’armée allemande, il faut moins de quatre mois aux Einsatzgruppen SS, assistés par des bandes de Volksdeutschen locaux (« Allemands de souche ») pour arrêter les 4000 juifs du Banat (région au nord de Belgrade), et les déporter à Belgrade ; les hommes dans un camp de concentration, les femmes et les enfants dans les logements de la communauté juive de la ville. Tandis que les hommes sont fusillés par groupe de 50 à 200 dès septembre 1941, les femmes et les enfants du Banat sont, quelques mois plus tard, gazés dans des camions aménagés pour asphyxier leur cargaison humaine avec les gaz d’échappement.

Dans le reste de la Serbie, les juifs connaissent un sort identique dès la fin 1941. Au cours de l’été 1942, un officier SS rapporte à ses supérieurs que la Serbie et le Banat sont désormais judenreinen (« purifiés de toute présence juive »). C’est, hélas, vrai en grande partie. Sur les 17000 juifs habitant la région avant la guerre, à peine plus de 10% ont survécu. Dans la Backa et la Baranja, régions à majorité magyarophone de la Voïvodine, rattachées à la Yougoslavie après la Première Guerre mondiale mais annexées en 1941 par la Hongrie alliée de l’Allemagne, les troupes hongroises se « contentent » d’abord de mettre en place tout un cortège de mesures d’exclusion à l’encontre de la minorité juive, forte de 16000 personnes environ avant la guerre : expropriations, travail forcé, rançons…On ne peut pourtant pas parler d’extermination systématique, hormis à titre de représailles après des actions de la Résistance. Début 1944, cependant, l’Allemagne envahit la Hongrie et déporte massivement la population juive. Seulement 3000 reviendront des camps.