Journées Européennes de la Culture et du Patrimoine Juifs 2020

8ème édition des Journées Européennes de la Culture et du Patrimoine Juifs des Alpes-Maritimes

La 8ème édition des Journées Européennes de la Culture et du Patrimoine Juifs des Alpes-Maritimes commence cette année par la visite guidée de la Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat, de la Villa Kerylos et Beaulieu, par Audrey Alcabes, guide au Mémorial de la Shoah. Rencontre avec Régine Bessis, présidente des JECPJAM.

 

Jguideeurope : Comment a commencé l’organisation des Journées Européennes de la Culture et du Patrimoine Juifs des Alpes Maritimes ?

Régine Bessis : Nous sommes cette année à la 8ème édition des JECPJAM. En 2013, alors que j’étais alors Présidente Régionale du B’nai B’rith de la Côte d’Azur, j’ai constaté que depuis dix ans plus aucun événement n’avait eu lieu dans la Synagogue Deloye à Nice.

Avec mes amis Patricia Trojman et Avraham Vanwetter, co-présidents de l’Université Hébraïque Libre de la Côte d’Azur (UHLCA) qui ont assuré dès le début la conception et l’organisation des conférences, colloques, visites artistiques.

Colloque Diaspora et Universalité avec Rudy Salles, maire-adjoint de Nice, Régine Bessis, Patricia Trojman, Avraham Vanwetter, l’historien Stéphane Encel, l’ambassadeur Yehouda Lancry et l’historienne Simonetta Tombaccini

Nous avons également bénéficié de l’aide de Maître Tanauji-Dahan qui a imaginé et conçu la première visite du Ghetto de Nice et le soutien du Consistoire et du B’nai B’rith de la Côte d’Azur.

Grâce à l’union de nos compétences et motivations, nous avons décidé de créer des événements autour du patrimoine et de la culture juive la région des Alpes-Maritimes.

C’était le début d’une grande aventure. D’une poignée de visiteurs en 2013, nous sommes passés en 2016 à plus de 1300 visiteurs. Nous avons désormais environ 1000 personnes qui suivent nos activités tous les ans.

 

Performance autour des lettres hébraïques, Tina Bosi et Franck Lalou,

Comment percevez-vous l’évolution de l’intérêt porté au patrimoine culture juif dans votre ville ?

II faut savoir que nos activités se déroulent régulièrement autour des synagogues, des mikvés et des centres culturels juifs d’Antibes, Cannes, Nice et le circuit du ghetto de Nice.

Nous n’avons pas sur la Côte d’ Azur de patrimoine architectural important. C’est pourquoi, en fonction de notre programmation et du sujet de l’année choisi par l’AEPJ, nous développons des événements dans de nombreux lieux culturels de la région.

Visite de la Synagogue Deloye de Nice

Parmi eux, Bordighera, autour de la Palmeraie historique, à Menton autour de ses jardins, à Saint-Jean-Cap-Ferrat et Beaulieu aux Villas Ephrussi de Rothschild et Kerylos, à Saint-Paul-de-Vence à la Fondation Maeght, à Vallauris et au Musée Picasso. L’organisation de colloques et de performances artistiques se déroulent à Cannes et Nice.

Partout, nous nous adressons en priorité à un public non juif éclairé, curieux de nos traditions, de notre culture et très demandeur. Il arrive que des gens soient à la recherche de leurs racines juives qu’ils redécouvrent notamment lors de ces rencontres. Nous avons réussi à en fidéliser certains et le public de notre communauté aime à s’enrichir de nos propositions.

 

Visite exposition Théo Tobiasse, Musée Picasso, Vallauris

Quel lieu a été votre coup de cœur concernant le patrimoine ?

Faire connaître la Synagogue Deloye de Nice a été une mes premières motivation, mais créer   et développer le circuit du Ghetto de Nice pour expliquer le parcours de la « Nation hébraique » (S. Tombacini) est une grande satisfaction.

Ce parcours a pu s’enrichir grâce à la création du Mur des Justes et du Mur des Déportés voulus par Christian Estrosi, Maire de Nice, qui permet d’aborder le thème de la Shoah. La rénovation en cours des 700 tombes du Cimetière Juif du Château nous permet de montrer l’apport important des juifs du monde entier à la Ville de Nice et à sa région.