La synagogue actuelle fut construite en 1855. Elle mélange en son intérieur les styles mauresque, romanesque et byzantin, tandis qu’à l’extérieur on peut distinguer des motifs scandinaves et celtes. Et les activités culturelles proposées sont tout aussi diverses et intéressantes. Rencontre avec Shahar Isak, chef de projet à la Judiska Församlingen.
Jguideeurope : Participez-vous à l’EDJC ? Si oui, quels événements seront organisés à Göteborg ?
Shahar Isak : Oui, nous y participons cette année encore avec beaucoup d’enthousiasme. Notre communauté a choisi d’aborder le thème de l’amour sous l’angle de l’amour et de la gastronomie – une association qui semble tout à fait naturelle dans un contexte juif, où la table a toujours été un lieu de mémoire, de chaleur et d’appartenance.
Le dimanche 6 septembre, nous organiserons un après-midi de courtes conférences captivantes retraçant comment la nourriture et l’amour s’entremêlent à travers l’histoire et la tradition juives, des cuisines d’Europe de l’Est aux saveurs de l’Italie et du Moyen-Orient.

Nous sommes ravis d’accueillir les intervenants suivants : Elisabeth Punzi, Jenny Högström Berntson, Ehud (Udi) Steenberg et Samuel Engelhardt. Les conférences seront suivies d’un moment de convivialité autour d’un rafraîchissement léger, préparé avec amour par Sofia Johnsson.
Organisez-vous d’autres événements culturels cet automne (conférences, expositions…) ?
Oui, nous avons un programme d’automne bien rempli. Quelques jours seulement après la Journée de la culture juive, le 10 septembre, nous organiserons une soirée avec Theo Loefler — un jeune auteur-compositeur-interprète et humoriste juif dont le spectacle solo En judisk trubadur a été présenté au Scalateatern de Stockholm. À travers une musique originale et un humour vif et chaleureux, il emmène le public dans un voyage à travers la vie et l’identité juives. L’événement se déroulera en dehors de nos locaux, ce qui permettra de faire découvrir la culture juive à un public plus large à Göteborg.
À l’occasion du Salon du livre de Göteborg, le 24 septembre, nous organiserons une rencontre avec le Dr Daniel Schatz, politologue, autour de son livre Från Stockholm till Jerusalem — une réflexion à la fois d’actualité et personnelle qui, nous l’espérons, trouvera un écho particulier tant au sein de notre communauté qu’auprès du grand public.
Le 11 octobre, nous sommes fiers de présenter un concert à la Grande Synagogue dans le cadre du Festival international d’orgue de Göteborg — une magnifique occasion d’ouvrir les portes de l’un des plus somptueux lieux historiques de la ville.

En novembre, nous organiserons un atelier de musique klezmer, afin de célébrer la riche tradition musicale qui occupe une place centrale dans la vie culturelle juive depuis des siècles.
Tout au long de l’automne, nous poursuivrons également nos réunions bihebdomadaires de groupes d’étude, et nous clôturerons l’année par une soirée festive consacrée à la culture yiddish à l’occasion de Hanoukka.
Quel lieu de Göteborg lié au patrimoine juif mériterait d’être mieux connu ?
Sans aucun doute, la Grande Synagogue située sur l’Östra Larmgatan. Construite en 1855, c’est l’un des bâtiments les plus beaux et les plus importants sur le plan historique de Göteborg — et pourtant, de nombreux habitants n’y ont jamais mis les pieds. Son architecture, son mur commémoratif et les histoires gravées dans ses murs reflètent plus de 200 ans de vie juive dans cette ville.
Mais au-delà de la synagogue elle-même, nous souhaiterions également mettre en avant l’ancien cimetière juif d’Östra Kyrkogården, un lieu paisible et souvent méconnu qui témoigne de générations de familles juives ayant façonné l’histoire de Göteborg dans les domaines de la médecine, de la culture, du commerce et de la vie civique.
Nous accueillons tout au long de l’année des groupes scolaires et des visiteurs pour des visites guidées de la synagogue, et nous espérons que notre futur Göteborgs Judiska Kunskapscenter, un centre pédagogique actuellement en cours de développement, rendra ce patrimoine bien plus accessible et visible au grand public dans les années à venir.
Pensez-vous qu’il y ait une volonté de tikkoun olam dans le partage du patrimoine juif après ces trois dernières années difficiles ?
Oui, profondément. Les trois dernières années ont été dures, mais ici, à Göteborg, nous avons sincèrement senti que les gens veulent se rapprocher, écouter, comprendre. Nous le constatons lorsque des groupes scolaires visitent la synagogue, lorsque nos événements font salle comble, lorsque des voisins et des institutions nous tendent la main. Cela compte beaucoup pour nous. Chaque porte ouverte est un petit acte de réparation, et nous avons l’intention de continuer à les ouvrir.