Finlande

Synagogue de Turku. Photo de Västgöten – Wikipedia

La Finlande faisait partie du Royaume de Suède jusqu’en 1809. Ainsi, lors de la domination suédoise, les juifs ne furent autorisés à vivre que dans trois villes, aucune ne se situant sur le territoire de Finlande. Suite à la guerre entre la Suède et la Russie, la Finlande passa sous contrôle russe, mais le système juridique en vigueur demeure celui mis en place par la Suède. Les juifs ne furent donc pas autorisés à s’y installer.

Les premiers juifs à s’installer en Finlande furent des soldats russes ayant terminé leur service militaire. Conséquemment, un décret datant de 1858 autorisa les soldats russes démobilisés et leurs familles à s’installer temporairement dans le pays sans discrimination par rapport à leur religion.

La loi évolua lentement. En 1889, le gouvernement en place autorisa par décret la présence de juifs en Finlande. Ce décret ne garantissait pas une présence sur la durée et cantonna les juifs à certaines régions et professions. Les activités professionnelles étant aussi limitées géographiquement, interdit des marchés et obligés de se trouver à proximité du lieu de résidence.

Photo de la synagogue d’Helsinki en 1908. Photo by IK Inha

Bien que les débats sur l’émancipation des juifs et leur accès au statut de citoyens égaux fut public depuis les années 1870, l’accès à ces dits droits ne se matérialisé qu’en 1917. Lorsque la Finlande accéda enfin à l’indépendance. Le Parlement promulgua une loi en 1918 autorisant les juifs à accéder à la citoyenneté finlandaise.

La population juive du pays passa d’un millier à la fin du 19e siècle à deux milles dans la période d’entre-deux-guerres. Principalement suite à l’émigration de juifs russes au début de la Révolution bolchévique, mais aussi de juifs polonais et Lithuaniens. La plupart des juifs travaillent alors dans l’industrie du textile, suivant la tradition d’un attachement à une des rares professions autorisées au 19e siècle.

Le sort des juifs finlandais durant la Seconde Guerre mondiale fut un peu paradoxal. De nombreux juifs s’engagèrent dans l’Armée de leur pays contre les Russes, se retrouvant parfois à proximité de l’Armée allemande qui était alliée à la Finlande. Avec une fameuse anecdote du Front russe, digne des grands moments de l’humour juif proche de l’esprit d’un Romain Gary dans La Danse de Gengis Cohn, où les soldats juifs avaient installé une tente de prière à quelques pas de l’armée du Reich.

Bien qu’allié à l’Allemagne pendant la guerre, le gouvernement finlandais refusa d’exercer des pressions contre les juifs, s’opposant fermement à ces demandes des Allemands. Ainsi, 22 juifs finlandais moururent pendant la Seconde Guerre mondiale, tous au combat sous l’uniforme de leur pays.

Synagogue de soldats finlandais installée dans une tente sur le Front russe. Photo de Wikiwand

Par contre, une enquête menée en 2018-2019 précisa l’implication de volontaires finlandais dans les Waffen SS, et leur part dans la perpétration de violences contre les civils ukrainiens, dont une grande partie de juifs. A leur retour, ces engagés volontaires se firent discrets, tentant de faire oublier leur implication, ce qui compliqua les recherches.

Suite à un arrangement entre les autorités russes et israéliennes dans les années 80, 20000 juifs purent faire leur alya en passant par la Finlande, la plupart étant accueillis et aidés par des volontaires du mouvement Chrétien sioniste de Finlande.

En 2020, la communauté juive de Finlande représente environ 1500 personnes. La plupart vivent à Helsinki. Néanmoins, 200 habitent à Turku et une cinquantaine à Tampere.