Le Musée juif de Trieste Carlo e Vera Wagner organise de nombreux événements lors des prochaines Journées Européennes de la Culture Juive. Rencontre avec Annalisa Di Fant, commissaire d’exposition qui évoque également avec nous la rénovation du musée…

Jguideeurope : Participez-vous au Journées Européennes de la Culture Juive ?
Annalisa Di Fant : Comme chaque année, tous les sites juifs (synagogue, musée et cimetière juif) seront ouverts et proposeront des visites guidées gratuites tout au long de la journée.
Au musée, dans l’après-midi, une conférence sur le mariage juif abordera le sujet sous un angle à la fois religieux et historique. Les intervenants seront le rabbin Ariel Haddad, coordinateur du musée Carlo et Vera Wagner, la professeure Tullia Catalan, titulaire de la chaire d’histoire juive à l’université de Trieste, et Gloria Pilastro, médiatrice culturelle au musée.
Ces conférences constitueront une introduction idéale à la présentation publique d’une rare ketoubah enluminée de Trieste datant de 1746, année de la fondation officielle de la communauté ; cette ketoubah sera exposée au musée à partir de ce jour, grâce à un prêt à long terme provenant d’une importante collection privée. Elle sera suivie d’une brève intervention du prêteur, qui nous racontera l’histoire des personnalités dont les noms sont mentionnés dans ce contrat.
Dans la soirée, un spectacle musical retracera l’histoire des Juifs qui se trouvaient à bord du Titanic, en racontant la belle mais tragique histoire d’amour d’Isidor et Ida Straus. Cet événement est organisé en partenariat avec la municipalité de Trieste.
Deux jours après les JECJ, le musée accueillera un événement destiné aux enfants âgés de 3 à 6 ans, en collaboration avec l’association Nati per leggere (Nés pour lire). Des livres illustrés provenant de grandes maisons d’édition italiennes et étrangères, en lien avec le thème de l’EDJC, seront présentés.

Organisez-vous d’autres événements culturels cet automne ?
À l’automne, plusieurs présentations de livres sont prévues, dont les détails restent à définir.
Pouvez-vous nous dire ce que l’on peut découvrir dans les salles récemment rénovées ?
En mai 2026, de nouvelles pièces ont été mises en exposition à l’entrée du musée. Il s’agit de vestiges de la Scola Grande, l’une des synagogues du XVIIIe siècle démolies entre 1934 et 1937 lors de la rénovation du centre-ville : trois fragments de la plaque commémorative en marbre noir installée à l’intérieur pour marquer la visite de l’empereur François Ier d’Autriche en 1816, ainsi qu’une partie de la fenêtre qui ornait autrefois la façade. Comme il ne reste rien de l’ancien ghetto dans la ville, il est particulièrement important d’exposer ces témoignages matériels.
Pensez-vous qu’il y ait une volonté de tikkoun olam dans le partage du patrimoine juif après ces trois dernières années difficiles ?
Oui, tout à fait, et ces temps difficiles se poursuivent encore aujourd’hui… mais nous ne céderons pas à l’ignorance, à la désinformation et à la confusion.