
Reims, connue et célébrée pour son Champagne, est aussi une ville remarquable pour son étonnante architecture, qu’il s’agisse de son imposante cathédrale ou ses voyages à travers le temps entre la Porte de Mars, arc monumental de l’Empire romain et le futurisme de son université.

La présence juive rémoise semble très ancienne. Le premier document attestant de cette présence date de 1077. A cette époque, ils étaient principalement cantonnés à la rue de Gieu (Juifs), devenue ensuite rue des Elus . Certaines sources affirment que la synagogue médiévale était située au 18 rue des Elus. Elle était recensée dans des documents du 14e siècle.

Suite aux expulsions, une communauté juive tarda à se reconstituer au fil des siècles. Avec un début de retour pérennisé au début du 19e siècle. Ce fut surtout le cas au lendemain de la guerre de 1870, avec l’arrivée de juifs d’Alsace-Lorraine ne souhaitant pas demeurer sous autorité allemande. Dans cet élan, une synagogue de style hispano-mauresque fut construite en 1879 par l’architecte Ernest Brunette et décorée par l’artiste local Marquant-Vogel.

Il y avait au tournant du 20e siècle 600 juifs rémois. Très engagés pendant la Première Guerre mondiale, 16 d’entre eux moururent sur le champ d’honneur. La synagogue subit de nombreux dégâts et fut réparée au lendemain de la guerre.

Pendant la Shoah, de nombreux juifs rémois furent déportés et assassinés, arrêtés pour la plupart lors d’une rafle fin 1942. Une stèle présente devant la synagogue commémore les 253 juifs rémois déportés. Face à la Porte de Mars, en prenant l’allée des 7 et 8 mai 1945, vous verrez les monuments en hommage à la Résistance et aux victimes civiles de la répression nazie.

La communauté juive rémoise se reconstitua dans les années 1960 avec près de 600 personnes, notamment grâce à l’arrivée de juifs d’Afrique du Nord.

Dans la très belle cathédrale de Reims, vous trouverez des vitraux de Chagall, réalisés spécialement pour ce lieu, mêlant histoires et personnages des livres sacrés du judaïsme et du christianisme.

Sources : Encyclopaedia Judaica, Mémoire des communautés juives de Champagne-Ardenne.