France / Languedoc

Béziers

Musée du Biterrois

Musée du Biterrois, Rampe du 96EME Régiment d'Infanterie, Béziers, France

Cathédrale Saint-Nazaire de Béziers

2 Impasse Baudin, 34500 Béziers, France

Rue du 4 septembre, Béziers

28 Rue du 4 Septembre, Béziers, France

Rue de la petite Jérusalem, Béziers

Rue de la Petite Jérusalem, Béziers, France

Rue du Capus, Béziers

Rue du Capus, Béziers, France

Rue du Soleil, Béziers

Rue du Soleil, Béziers, France

La façade de la cathédrale Saint Nazaire

La présence juive est attestée à Béziers depuis l’époque romaine, mais l’âge d’or des juifs de Béziers est sans conteste le Moyen-Âge classique, époque à laquelle la ville était surnommée la « Petite Jérusalem », tant en raison de l’importance de sa communauté que de la vue que l’on avait depuis la plaine de l’Orb et qui ressemblait à celle de Jérusalem.

Son école rabbinique est renommée, et Benjamin de Tudèle, dans son carnet de voyages évoquera une ville « où les sages abondent ».

Plusieurs rabbins et savants adoptèrent le surnom « Beders » (Béziers en hébreu), en l’honneur de leur ville, notamment le poète Abraham Bedersi et son fils Jedaiah.

La situation des Juifs biterrois était bien plus enviable que celle de leurs coreligionnaires languedociens, grâce à la protection des vassaux de la région, les Trencavel, qui se servent du soutien de la communauté juive pour gouverner la ville. Cet âge d’or prend fin brutalement en 1209 lors de la croisade des albigeois déclenchée par le pape Innocent III.

Béziers puis Carcassonne tombent aux mains des croisés. 200 juifs périssent lors du sac de Béziers, les 200 restants avaient déjà quitté la cité sous la protection du vicomte.

La pierre hébraïque de Béziers

À la chute de Carcassonne , les juifs de Béziers se réfugient en Catalogne et refondent une communauté dans la petite ville d’Olot. Ils gravent la dédicace de leur nouvelle synagogue dans une pierre, en y inscrivant la douleur de l’exil, et la perte de leur ville. Le toponyme est celui Béziers en hébreu, « Beders », et la guerre à laquelle il est fait allusion est datée de l’an 4969, ce qui correspond à l’an 1209 de l’ère commune. Il est donc bien question de la croisade des Albigeois.

Cette pierre a été retrouvée dans les années 1940, dans les ruines de la chapelle du cimetière d’Olot, incendié au début de la guerre civile espagnole. Elle est actuellement exposée au musée-trésor de l’église Sant Estève d’Olot.

Quelques années plus tard, les juifs réfugiés à Olot, ou une partie d’entre eux, reviennent à Béziers. Ils érigent une nouvelle synagogue. La dédicace est datée, de l’an 4900 … 4. Le millésime est manquant, en raison d’une cassure de la pierre, mais des recherches ont permis de déduire qu’il s’agirait de l’année 1214. Elle est actuellement exposée au  musée de Béziers. Dans ce même musée, vous pourrez admirer la plus belle et la plus grande inscription hébraïque conservée en France, poème de 12 lignes constituées de « centons » bibliques ; la dalle funéraire de « Daniel, fils de rabbi Paregores » ; ou encore la maquette et le plan de Béziers au Moyen-Âge, localisant la synagogue de l’époque.

Sur la façade occidentale de la  cathédrale Saint Nazaire deux statues allégoriques représentant, l’une la « synagoga » privée de ses attributs et les yeux bandés, l’autre « l’ecclésia » triomphante. A l’intérieur de la cathédrale, vous retrouverez à deux endroits les lettres hébraïques du tétragramme divin.

Enfin, si vous vous promenez dans Béziers, certaines rues font écho au passé juif de la ville. Au  28 rue du 4 septembre se trouve l’emplacement de l’ancienne synagogue royale, où a été trouvée scellée la pierre hébraïque de Béziers.  La rue de la petite Jérusalem, anciennement rue de Juiverie marque le quartier qui était celui de l’ancienne juiverie épiscopale, malheureusement détruit en 1944. Les rues du  Capus et du  Soleil, sont les vestiges d’un ancien quartier juif cerné par les 2 branches du « U » dessiné par la rue du Capus, et dont le porche roman qui commande l’entrée de la rue du soleil aurait été la porte d’accès.

Source et crédit photo : Association Mémoire juive de Béziers