Biélorussie

La Biélorussie, ou République du Bélarus, est un État issu de la désintégration de l’URSS. Il est d’ailleurs resté très proche de Moscou. Historiquement, la Biélorussie a fait partie de la Lituanie au XIVe siècle, de la Pologne au XVIe, puis de l’Empire russe à la fin du XVIIIe siècle. De 1920 à 1939, sa partie occidentale (Grodno, Brest-Litovsk) a été intégrée à la Pologne, le reste à L’union soviétique. L’histoire des communautés juives de Biélorussie est donc liée à celle de ses voisins : Lituanie, Pologne et Russie. Des communautés sont mentionnées à Brest-Litovsk en 1388, à Nowogrodek (Novogrudok) en 1445, à Minsk et Smolensk en 1489, à Pinsk en 1506, puis à Vitebsk, Mohuilev et Orsa. Après le partage de la Pologne, la Biélorussie est englobée dans la « zone de résidence » de l’Empire russe, donc assujettie à la politique de restrictions qui y est appliquée. En 1847, 225000 juifs vivaient en Biélorussie -725000 en 1897 (13,6% de la population totale).

D’un point de vie spirituel et intellectuel, le judaïsme de Biélorussie se rapproche du judaïsme lituanien, marqué par la Haskalah (le mouvement des Lumières). La majorité des communautés, surtout au Nord et à l’Ouest, sont composées de mitnaggedim, orthodoxes rationalistes opposés au hassidisme. Venu d’Ukraine, le hassidisme s’est néanmoins implanté à Vitebsk avec Menahem Mendel. Au XIXe siècle, le mouvement socialiste s’est répandu en Biélorussie, qui est devenue la patrie du Bund, parti socialiste juif qui sera absorbé plus tard par les bolchéviques. Dans les années 1920 et durant l’occupation allemande, le mouvement communiste était fortement représenté parmi les juifs de Biélorussie, qui rejoignirent pour une grande part les rangs des partisans et des soldats de l’armée Rouge. L’occupation a été particulièrement violente en Biélorussie, où les juifs furent exterminés dans les ghettos. En 1970, il restait 148000 juifs mais l’émigration a considérablement réduit ce nombre, aujourd’hui estimé à quelques dizaines de milliers.