France / Paris et ses environs

Le Quartier de l’Opéra

Opéra National de Paris – Palais Garnier

Place de l'Opéra, 75009 Paris, France

Synagogue de la Victoire

44 Rue de la Victoire, 75009 Paris, France

Synagogue Buffault

28 Rue Buffault, 75009 Paris, France

Plafond de l’Opéra Garnier par Marc Chagall © David Stanley – Flickr

L’Opéra de Paris (ou Palais Garnier), outre son intérêt spécifique, abrite l’extraordinaire plafond peint par Marc Chagall en 1964.

Non loin, dans une des chambres de l’Hôtel de Castille, au 37 de la rue Cambon, Theodore Herzl rédigea L’État juif, ouvrage fondateur du sionisme politique qui devait aboutir, quelque cinquante ans plus tard, à la proclamation de l’État d’Israël.

La synagogue de la Victoire est la plus grande synagogue de Paris. Les cérémonies officielles de la communauté s’y déroulent. Consacrée le 9 septembre 1874, elle devait, selon les plans initiaux, posséder une entrée sur la rue Ollivier (actuellement rue de Châteaudun). Mais l’impératrice Eugénie, conseillée par son confesseur Mgr Bernard Bauer – Hongrois d’origine juive –, s’y opposa : la Grande Synagogue de Paris ne devait pas s’ouvrir sur une artère principale ! L’édifice fut construit sur les plans d’Aldrophe, architecte en chef de la Ville de Paris, qui était juif lui-même. L’ensemble du bâtiment a été conçu dans un style roman fleuri, avec des réminiscences mauresques. À l’extérieur, la façade principale est haute de 36 mètres et l’on peut y lire, sous les deux Tables de la Loi en pierre, une inscription hébraïque: « Ma maison sera appelée maison de prières pour tous les peuples. » À l’intérieur, la vaste nef et les cinq arcades sont flanquées de deux galeries. La galerie du haut n’avait été conçue que pour produire un effet architectural. Aujourd’hui, lors des grandes fêtes, les fidèles peuvent y prendre place, ce qui augmente la capacité de la synagogue.

L’édifice a 28,4 mètres de hauteur à la clé de voûte, 44 de long et 28 de large. Les seuls ornements sont les douze vitraux colorés de Lusson, Lefèvre et Oudinot, reproduisant les symboles des douze tribus bibliques.

En 1874, les édiles de la communauté juive portugaise refusèrent la fusion des rites séfarade et ashkénaze. Dans le même temps, ils décidèrent de faire construire leur propre temple. Une société civile par actions fut fondée par des juifs originaires de Bayonne, du Comtat Venaissin et de l’Empire Ottoman afin d’acquérir le terrain et d’y édifier leur temple. Cette synagogue se trouve actuellement rue Buffault. Les travaux furent confiés à l’architecte Stanislas Ferrand. La consécration eut lieu le 3 septembre 1877. La façade extérieure s’élève à 23,5 mètres. Une inscription hébraïque cite le passage suivant du Deutéronome: « Sois béni en arrivant, sois béni en sortant.» À l’intérieur, la galerie est portée par six colonnes de marbre. Les arcs, en clé de voûte, forment les Tables de la Loi où sont inscrits des noms bibliques. Au centre de la nef, un autel porte un grand chandelier à sept branches. Au fond, un large escalier, fermé par une balustrade de fer forgé, mène à l’armoire renfermant les rouleaux de Torah. Au-dessus, émergeant de nuages sculptés dans la pierre, les Tables de la Loi.

Le Tsarphat

Lors des premiers projets, en 1850, la synagogue de la Victoire devait être le lieu d’un rite français unique, le tsarphat, fondant en une même liturgie chants « portugais » et prononciation « alsacienne ». Cette idée généreuse fit l’objet d’interminables discussions. En 1866, un rapport du Consistoire indiquait : « L’édification du temple de la rue de la Victoire permettra de réaliser le vœu si constamment formé par nos coreligionnaires du rite allemand et du rite portugais de se réunir dans un sanctuaire commun, en un mot d’y établir une unité de rite si désirable à tous égards.»

La guerre contre la Prusse en 1870 retarda le projet. Enfin, le 16 mai 1874, Zadoc Kahn, grand rabbin de France, réunit 150 notables séfarades qui, après débat, repoussèrent définitivement l’idée. La synagogue de la Victoire allait donc devenir temple ashkénaze. Pourtant, pendant plus de quinze ans encore, on prononça les prières « à l’orientale ». L’espoir d’une fusion n’avait pas été totalement abandonné.