Grèce

Athènes

Ancienne synagogue de l’Agora

Monastiraki Flea Market, Ifestou, Athens, Kentrikos Tomeas Athinon, Greece

Synagogue Etz Hayyim

Etz Hayyim Συναγωγή, Melidoni, Athens, Greece

Synagogue Beth Shalom

Melidoni 5, Athina 105 53, Grèce

Musée juif d’Athènes

Nikis 39, Athina, Grèce

Ancienne synagogue de l'Agora
Ancienne synagogue de l’Agora

La présence juive à Athènes, comme à Alexandrie, est avérée à l’époque héllénistique. Nul doute que Paul de Tarse se rendit, comme ailleurs en Grèce, dans les synagogues athéniennes pour y prêcher. L’une d’entre elles, datant du IIe siècle de l’ère chrétienne, paraît bien avoir été identifiée sur l’Agora, au pied de l’Acropole. Pourtant, pendant plusieurs siècles, aucun témoignage ne signale la présence de juifs dans la ville. La cité antique n’était plus qu’une modeste bourgade de 4500 habitants, lorsqu’elle fut proclamée, en 1833, capitale.

Les juifs revinrent dans le sillage de la première monarchie bavaroise. Après son intronisation, le monarque Othon confia à un groupe de notables juifs « qu’il considérait son royaume béni et honoré de renfermer dans son sein la race biblique d’Israël ». Cette déclaration de principe, fort louable, n’empêcha pas des bouffés d’antisémitisme populaire. Après être intervenu pour faire cesser une traditionnelle cérémonie antijudaïque, la « chasse à Judas », un homme d’affaire juif, citoyen britannique, David Pacifico, fut victime, au milieu du XIXe siècle, d’un saccage de ses entrepôts. L’Angleterre intervint en sa faveur, déclenchant même un début de blocus des côtes grecques pour obtenir un fort dédommagement.

Loin d’avoir l’importance de la communauté juive de Salonique, les relations des juifs athéniens avec le pouvoir et la population se sont révélées, en revanche, bien meilleures. La prise de contrôle d’Athènes par les Allemands en 1943 sonna le début de la terreur. La résistance active des autorités, en particulier celles du chef de la police Anghelos Evert et de l’archevêque orthodoxe Mgr Damaskinos, fut exemplaire.

L’ancienne synagogue

Menorah retrouvée sur un revêtement en marbre dans l'ancienne synagogue de l'Agora
Menorah retrouvée sur un revêtement en marbre dans l’ancienne synagogue de l’Agora

Au pied de l’Acropole, dans le vaste champ de fouilles de l’Agora, les archéologues pensent avoir identifié une synagogue datant du IIIe siècle après Jésus-Christ. Près de la statue d’Hadrien et de l’abside d’une ancienne basilique, les fondations de cette antique synagogue ont été dégagées. Un revêtement en marbre, sur lequel ont été gravées une menorah et une branche de palmier, a été retrouvé. Pour vous y rendre, pénétrez dans l’Agora à partir d’une entrée située rue Adrianou, à Plaka, où se trouve également le marché aux puces de Monasteraki.

Les synagogues modernes

À 500 mètres au nord-ouest de l’Agora, au bout de la rue Ermou, et près des ruines de l’antique cimetière du Keramiko, se trouvent les deux synagogues modernes d’Athènes. Dans un quartier devenu à la mode, avec une floraison de bars, elles se font face, rue Melidoni.

Construite au début du siècle, la plus ancienne,  Etz Hayyim, fut aussi surnommée « Ioanniotiki », en raison de sa fréquentation par des juifs de Ioannina. Elle n’est ouverte que pour les grandes fêtes.

L’autre synagogue, Beth Shalom, est un édifice de marbre de style néoclassique, dont la construction remonte aux années 1930.

Le Musée juif

Après avoir fait face pendant vingt ans à l’ancien jardin royal, le Musée juif d’Athènes s’est installé dans une maison néo-classique très bien rénovée de Plaka. D’importantes collections de documents, de costumes, et d’objets de culte des communautés romaniotes et séfarades y sont exposées par thèmes et par niveaux.

Au rez-de-chaussée a été reconstitué l’intérieur de l’ancienne synagogue romaniote de Patras. Sous le nouveau nom d’Alkabetz, elle avait été consacrée par le grand rabbin de France, Samuel Sirat, en 1984. À partir du premier niveau se succède le cycle des fêtes juives ; des documents historiques sur les communautés juives en Grèce, des costumes traditionnels et des objets cultuels ou domestiques, ainsi qu’un ensemble consacré à la Shoah sont présentés au second niveau. Ce musée offre aussi des espaces d’exposition, une bibliothèque et un magasin de souvenirs au rez-de-chaussée.