Grèce

Athènes

3,2,1… partez ! Partez pour une promenade marathonienne à travers le temps, 2500 ans plus précisément, à la découverte des monuments d’Athènes et son patrimoine culturel juif.

Athènes. Photo de Jguideeurope 2024

En commençant justement par le stade panathénaïque. Un stade antique datant de -330, rénové pour accueillir en 1896 les premiers jeux olympique de l’époque moderne, 28400 spectateurs y acclamant les athlètes.

Stade olympique. Photo de Jguideeurope 2024

Traversez ensuite. Soit par la droite, le très beau Jardin national qui accueille des ruines romaines, une grande diversité botanique et un petit zoo.

Jardin national. Photo de Jguideeurope 2024

Soit par la gauche, les ruines de l’Olympéion et celles du temple de Chronos et Rhea.

Arc d’Hadrien. Photo de Jguideeurope 2024

Dans ces allers-retours entre époque moderne et antiquité, vous tombez après l’Arc d’Hadrien sur la statue de la grande actrice Melina Mercouri, devant la fondation Onassis.

Statue de Melina Mercouri. Photo de Jguideeurope 2024

En prenant à droite, vous apprécierez le musée juif de Grèce, qui sur plusieurs étages vous présente la longue histoire juive de Grèce.

Entrée du Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

Après avoir fait face pendant vingt ans à l’ancien jardin royal, le musée s’est installé dans une maison néo-classique très bien rénovée de Plaka. D’importantes collections de documents, de costumes, et d’objets de culte des communautés romaniotes et séfarades y sont exposées par thèmes et par niveaux.

Objets de culte au Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

Au rez-de-chaussée a été reconstitué l’intérieur de l’ancienne synagogue romaniote de Patras. Sous le nouveau nom d’Alkabetz, elle avait été consacrée par le grand rabbin de France, Samuel Sirat, en 1984. À partir du premier niveau se succède le cycle des fêtes juives; des documents historiques sur les communautés juives en Grèce, des costumes traditionnels et des objets cultuels ou domestiques.

Vêtements traditionnels au Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

Puis, les différentes migrations dans la région, selon les époques. Mais aussi la participation des juifs aux grands rendez-vous de l’histoire, de l’indépendance du pays, aux appels sous le drapeau, mais aussi les heures sombres de la Shoah, avec un hommage aux Justes de Grèce.

Plaque en marbre avec une menorah et un loulav, datant du 4e siècle. Photo de Jguideeurope 2024

Une nouvelle exposition permet aux visiteurs de voir des objets très rares et anciens.

Inscription de la libération d’un esclave juif, datant du 3e siècle avant Jésus-Christ. Photo de Jguideeurope 2024

Avant de vous rendre à l’Agora, pour espérer peut-être y faire d’autres grandes découvertes archéologiques, vous visiterez l’incontournable Acropole et les autres lieux mythiques et mythologiques qui l’entourent. Notamment le théâtre de Dionysos, où fut inventé cet art au 6e siècle avant Jésus-Christ.

Théâtre de Dionysos. Photo de Jguideeurope 2024

Un peu comme la montée de Masada, vous gravirez petit à petit le lieu le plus symbolique d’Athènes, à la gloire de la déesse Athéna avec les ruines des différents temples et autres théâtres.

Parthénon. Photo de Jguideeurope 2024

En redescendant, le joli quartier de Plaka vous accueille avec ses petites maisons et restaurants attrapes touristes. Mais aussi d’autres ruines anciennes, qu’un billet combiné avec l’Acropole et l’Agora vous permet de visiter.

Plaka. Photo de Jguideeurope 2024

L’Agora, justement vous attend avec un plan explicatif à l’entrée concernant les différents lieux présents. A gauche, un très intéressant musée d’objets anciens.

Musée de l’Agora. Photo de Jguideeurope 2024

En face de vous, un grand parc avec des ruines, lieux de rencontre où déambulèrent probablement Socrate, à quelques centaines de mètres donc d’où son rival Sophocle triomphait sur les planches de pierre des théâtres antiques. Des statues contemporaines de Socrate et Confucius côte à côte permettent au visiteur d’imaginer ce qu’aurait pu être la richesse dialectique d’une telle rencontre.

Socrate et Confucius. Photo de Jguideeurope 2024

Et enfin sur votre droite le temple d’Héphaïstéion. En sortant de l’Agora, à 400 mètres à gauche, sont situées les deux synagogues d’Athènes. Dans un quartier devenu à la mode, avec une floraison de bars, elles se font face rue Medioni.

Synagogue Etz Hayim. Photo de Jguideeurope 2024

Construite au début du siècle, la plus ancienne, Etz Hayim, fut aussi surnommée « Ioanniotiki », en raison de sa fréquentation par des juifs de Ioannina. Elle n’est ouverte que pour les grandes fêtes.

Synagogue Beth Shalom. Photo de Jguideeurope 2024

L’autre synagogue, Beth Shalom, est un édifice de marbre de style néoclassique, dont la construction remonte aux années 1930.

Mémorial de la Shoah. Photo de Jguideeurope 2024

A moins de 100 mètres a été inauguré en 2010 le Mémorial de la Shoah en forme de Magen David brisée, en souvenir des 65000 juifs grecs déportés et assassinés. Suite à cette longue visite, il ne vous reste plus qu’à déambuler en prenant sur votre droite vers les puces athéniennes et les rues commerçantes.

Musée archéologique. Photo de Jguideeurope 2024

Autres lieux importants à visiter pour connaitre l’histoire de la ville, le musée archéologique d’Athènes et le Mont Lycabette pour ceux qui n’ont pas le vertige.

Musée archéologique. Photo de Jguideeurope 2024

Le cimetière juif d’Athènes se trouve à proximité du stade panathénaïque.

Cimetière juif d’Athènes. Photo de Jguideeurope 2024

Entre les deux se situe l’ancien cimetière d’Athènes, qui comme le cimetière du Père Lachaise à Paris, est un lieu important pour comprendre l’évolution historique de la ville et les grands personnages qui l’ont construite.

Ancien cimetière d’Athènes. Photo de Jguideeurope 2024

Les mois de beau temps, majoritaires dans la ville, n’hésitez pas non plus à prendre un taxi, relativement bon marché en ville comparée aux autres villes européennes et comparé au prix entre l’aéroport d’Athènes et le centre-ville, pour aller à la plage qui se trouve à 15 minutes de route à l’Ouest (sans embouteillages) au sud du mythique port du Pirée et y rencontre Poséidon.

Histoire des juifs d’Athènes

La présence juive à Athènes, comme à Alexandrie, est avérée à l’époque hellénistique. Nul doute que Paul de Tarse se rendit, comme ailleurs en Grèce, dans les synagogues athéniennes pour y prêcher. L’une d’entre elles, datant du IIe siècle de l’ère chrétienne, paraît bien avoir été identifiée sur l’Agora, au pied de l’Acropole et son Parthénon.

Pourtant, pendant plusieurs siècles, aucun témoignage ne signale la présence de juifs dans la ville d’Athènes. La cité antique n’était plus qu’une modeste bourgade de 4500 habitants, lorsqu’elle fut proclamée, en 1833, capitale.

Les juifs revinrent dans le sillage de la première monarchie bavaroise. Après son intronisation, le monarque Othon confia à un groupe de notables juifs « qu’il considérait son royaume béni et honoré de renfermer dans son sein la race biblique d’Israël ». Cette déclaration de principe, fort louable, n’empêcha pas des bouffés d’antisémitisme populaire.

Après être intervenu pour faire cesser une traditionnelle cérémonie anti-judaïque, la « chasse à Judas », un homme d’affaire juif, citoyen britannique, David Pacifico, fut victime, au milieu du XIXe siècle, d’un saccage de ses entrepôts. L’Angleterre décida d’intervenir en sa faveur, déclenchant même un début de blocus des côtes grecques afin d’obtenir un fort dédommagement.

Loin d’avoir l’importance de la communauté juive de Salonique, les relations des juifs athéniens avec le pouvoir et la population se sont révélées, en revanche, bien meilleures. La prise de contrôle d’Athènes par les Allemands en 1943 sonna le début de la terreur. La résistance active des autorités, en particulier celles du chef de la police Anghelos Evert et de l’archevêque orthodoxe Mgr Damaskinos, fut exemplaire.

S’il y avait encore près de 5000 juifs athéniens après la Shoah, ils ne sont plus que 3000 aujourd’hui, représentant la moitié des juifs grecs.

Interview des dirigeants de la Communauté Juive d’Athènes

Jguideeurope : Comment la communauté juive est-elle organisée et quels changements dans son patrimoine culturel (nouveaux lieux, rénovations…) se sont produits ?

CJA : La communauté juive d’Athènes, la plus grande communauté juive de Grèce, est une communauté vibrante et dynamique composée de plus de 3 500 membres. Ses principaux objectifs sont philanthropiques, culturels et éducatifs. Elle est gérée par un conseil communautaire de 13 membres élus par une assemblée générale élue de 50 membres; les deux groupes président pour un mandat de trois ans. Il existe de nombreux comités spéciaux, composés de bénévoles (plus de 150), qui contribuent de manière significative à la gestion de la communauté en offrant leur temps et leurs services précieux. Tout ce qui précède est soutenu par une petite équipe de professionnels.

La communauté gère deux synagogues, un Mikveh (bain rituel) entièrement compatible, le centre communautaire – qui accueille une variété d’événements – et le cimetière juif. Une partie importante de notre communauté est l’école communautaire juive Lauder d’Athènes, qui comprend un programme d’éducation préscolaire et primaire. La fréquentation de l’école est de plus de 100 enfants par an. L’existence d’un remarquable système de solidarité sociale pour les personnes âgées, les malades, les nécessiteux ou les nécessiteux rend notre Communauté très fière.

Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

Au cours des dernières années, nos deux synagogues ont été rénovées. La Beth Shalom est une synagogue séfarade, construite en 1935 et rénovée dans les années 1970 ». Elle est située juste en face de la synagogue Etz Hayim et peut accueillir 500 personnes. On y célèbre toutes les bar-mitsva et bat-mitsva, les mariages, les services commémoratifs et les visites. Etz Hayim est une synagogue romaniote, construite en 1904 et rénovée en 2006. Elle peut accueillir 400 personnes et est principalement utilisée pendant les grandes vacances, lorsque la fréquentation de la synagogue Beth Shalom est élevée. Au rez-de-chaussée se trouvent les bureaux administratifs de la CJA.

Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

A côté des synagogues se trouve le mémorial de l’Holocauste. Il a été inauguré en 2010 pour honorer la mémoire des 59 000 Juifs grecs tués par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le monument représente une étoile de David jaune brisée, symbolisant la lourde perte des Juifs en Grèce. Les triangles séparés ou les points de l’étoile sont dispersés sur de petites distances irrégulières pointant dans la direction des communautés juives correspondantes gravées par leur nom sur le marbre. Le centre de l’étoile est maintenu entier pour symboliser que le noyau est resté pour continuer le cours historique du judaïsme grec.

Dans la cour de la synagogue Beth Shalom se trouve le Mémorial des Justes grecs parmi les nations inauguré en 2016. Il rend hommage aux 357 héros de l’occupation allemande et à leurs compatriotes chrétiens, qui ont sauvé des juifs en risquant leur vie et celle de leurs familles.

Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

Qui sont les figures de la culture juive contemporaine à Athènes et y a-t-il des événements réguliers organisés pour promouvoir l’héritage juif?

Parmi les membres de la communauté juive d’Athènes, il existe de nombreuses personnalités de la culture juive contemporaine telles que des écrivains, des chanteurs, des musiciens, des acteurs et des artistes visuels. Veuillez trouver ci-dessous quelques-uns d’entre eux qui contribuent par leur domaine d’intérêt à la vie juive à Athènes et en Grèce à travers leur art.

Aris Emmanouil est impliqué dans de nombreuses activités communautaires, à la fois en tant que professionnel et en tant que bénévole, qui est également l’auteur d’un album pour la Lauder Athens Jewish Community School au terme de 54 ans de fonctionnement et d’un glossaire de termes hébreux et les noms qui sont donnés à nos membres. Le livre est également distribué à toutes les filles et tous les garçons qui ont célébré leur Bar et Bat Mitzvah. L’ancien rabbin d’Athènes, Isaac Mizan, a publié une étude approfondie de Shulchan Arouch. Son livre a été distribué gratuitement à tous les membres de notre communauté et a accordé les droits du livre au Musée juif de Grèce. Autres membres éminents de notre communauté, Mme Kelly Matathia Covo est une écrivaine de livres pour enfants et a été récompensée dans le domaine de la conception graphique, où l’un de ses livres a une allusion indirecte pour l’Holocauste et M. Iosif Ventura, un poète et le seul survivant des Juifs de l’île de Crète qui a publié – entre autres – le livre TANAIS incluant des poètes, qui fait référence au drame de l’extermination des Juifs vivant en Grèce par les occupants allemands mais aussi plus généralement à l’événement historique de l’extermination des Juifs d’Europe dans les camps de concentration nazis. Ensuite, Mme Artemis Alcalay est une artiste d’art moderne et a exposé son art sur l’Holocauste en 2018 à l’occasion de la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste.

Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

Pour un aspect plus réaliste de son art, elle s’est entretenue avec de nombreux survivants de l’Holocauste. Mme Alcalay a également lancé un site Web bilingue (grec et anglais), dédié aux «Juifs grecs survivants de l’Holocauste», qui comprend des éléments tirés de ses entretiens avec des survivants de l’Holocauste et des publications, des expositions et des présentations de projets. De plus, Mme Odette Varon-Vassard, est historienne et professeure et a donné plusieurs conférences sur le domaine de la Shoah. M. Michel Fais, écrivain et scénariste, avec des livres qui ont été traduits dans des langues comme l’anglais,

Espagnol et français et nouvelles publiées à l’étranger. L’acteur et écrivain M. Alberto Eskenazy et aussi M. Alberto Fais, qui est un acteur, ont présenté la cérémonie du Memorial Holocaust Remembrance Day que la communauté, avec la municipalité, a organisé cette année. Enfin, nous voudrions mentionner les publications Kapon et les publications Gavriilidis, dont la variété de livres publiés comprend l’histoire des Juifs grecs, en particulier pendant l’Holocauste et la Seconde Guerre mondiale, contribuant ainsi à la conservation et à la transmission de la mémoire.

Musée juif de Grèce. Photo de Jguideeurope 2024

De plus, des professionnels de la CJA et des membres, tels que le directeur de CJA, le directeur de CCJ et d’autres, qui sont des musiciens et des chanteurs, contribuent toujours avec leurs connaissances musicales à divers événements en faisant la promotion de la déroute séfarade et romaniote des juifs en Grèce. Nous sommes heureux que notre Communauté soit entourée de nombreux artistes qui sont toujours à nos côtés pour offrir leurs services, enrichissant ainsi le côté culturel de la vie juive à Athènes.