Grèce

Délos

Musée archéologique de Délos

Archaeological Museum of Delos, Mikonos, Greece

Trône de Moïse, synagogue, Délos
Trône de Moïse, synagogue, Délos

Délos est accessible par le bateau depuis Mykonos, toute proche. La visite du site de Délos est très aisée pendant tout l’été.

Si un lieu atteste de la présence d’une communauté juive dans la Grèce antique, c’est bien celui de Délos, une île aride des Cyclades. Son existence est signalée dans le Livre des Maccabées, et Flavius Josèphe la mentionne également. Trop exiguë pour affirmer sa puissance politique, l’île fut, en revanche, un centre religieux important et une grande cité cosmopolite marchande qui, dans sa période hellénistique, pouvait se comparer à Pompéi. À cette époque, Délos compta jusqu’à 30000 habitants, venus de toutes parts. Des guildes de marchands s’y étaient établies, y compris d’Alexandrie, où les juifs étaient en nombre. Que cette prospérité, qui dura jusqu’à l’aube de notre ère, ait attiré des juifs, comme les Samaritains, est donc certain. Néanmoins, leur histoire nous reste inconnue.

À la fin du siècle dernier, des fouilles ont été entreprises par les archéologues français de l’École d’Athènes. Au sud-est de l’ancien stade, tout près de la mer Égée, une synagogue datant du Ier siècle avant Jésus-Christ a été mise au jour. Considérée comme la plus ancienne de la diaspora, cette synagogue était une maison de deux pièces, consacrée comme un lieu de culte. Adossé à un mur de pierre, un remarquable fauteuil ouvragé en marbre est connu sous le nom de « trône de Moïse ». Sur ces ruines, une arche mène à une citerne qui pourrait avoir été un mikveh.

Non loin de là, à une cinquantaine de mètres au nord-ouest, tout contre l’enceinte du stade, une autre maison convertie en lieu de culte a été dégagée par les archéologues français. Il s’agirait d’une synagogue samaritaine ; elle est parfois désignée comme la maison d’Agathocles et de Lysimachos. Cette attribution vient du fait qu’une stèle dédiée à Serapion, un samaritain de Knossos, a été trouvée près de cette maison, elle est aussi flanquée d’une citerne.

Dans cette partie du site, plusieurs inscriptions juives en grec ont été déchiffrées. Sur l’une d’elles, sont gravés les mots Theos Hypsistos, l’équivalent de Shaddaï (« le Tout-Puissant », en hébreu). Il y a une dizaine d’années, une inscription juive a encore été déchiffrée sur un bloc de pierre utilisé en réemploi dans un mur de pacage, près du rivage.

Les synagogues se trouvent dans la partie nord-est de l’île. Un petit  musée abrite également quelques pièces dégagées lors des fouilles.