Pologne / Basse-Vistule

Chelmno

Musée de l’ancien camp d’extermination allemand de Kulmhof

Chelmno 59 A, 62 660 Dabie

Chelmno, située au bord de la Ner, un affluent de la Warta, dans la région que les Allemands avaient appelé Watherland, est la ville où furent expérimentés, dès 1941, les « camions à gaz », première forme de ce qui allait devenir plus tard des chambres à gaz. Les juifs étaient rassemblés dans l’église catholique, et de là on les mettait dans des camions bien fermés dont le pot d’échappement était tourné vers l’intérieur. Le nombre de kilomètres entre le bourg et la forêt, et la vitesse du camion étaient calculés de telle sorte qu’à l’arrivée, les juifs fussent déjà morts étouffés, il n’y avait plus qu’à les enterrer dans des fosses déjà creusées. la plus grande partie du ghetto de Lodz a ainsi été exterminée à Chelmno.

C’est par Chelmno que commence le film de Claude Lanzmann, Shoah. On y voit un homme, Simon Srebnik, l’un des rares survivants, retrouver les lieux où, adolescent, il chantait pour les Allemands pendant que ceux-ci faisaient leur triste besogne, et il chantait si bien qu’il a été épargné et tous les paysans polonais se souviennent de lui.

L’église de Chelmno existe toujours, elle surplombe des prés où paissent des animaux le long de la Ner. On attend de voir, comme dans le film de Lanzmann, la barque où navigue le rescapé qui chantait si bien. À l’entrée de l’église, une plaque a été apposée, rappelant le sort des juifs de la région.

À quelques kilomètres de là, dans la forêt, se trouve le camp, c’est-à-dire le lieu d’extermination où l’on creusait de larges fosses communes, de forme rectangulaire, pour y enterrer le chargement des camions à gaz. Un monument a été érigé. Un chemin conduit aux différents emplacements des fosses, bordé de stèles évoquant ce qui s’est passé et rappelant le nom des shtetlekh qui disparurent ici.

Le Musée de l’ancien camp d’extermination allemand de Kulmhof, à Chelmno-sur-Ner est un lieu de mémoire dédié au premier camp d’extermination massive et immédiate de Juifs construit par les Allemands sur les terres polonaises occupées durant la Seconde Guerre mondiale. Ouvert bien avant la conférence de Wannsee, il s’agit de l’unique camp où les victimes furent assassinées dans des camions transformés en chambres à gaz mobiles. Le camp fur temporairement clos avant d’être réouvert. C’est à Kulmhof que bon nombre de fonctionnaires nazis ont acquis l’expérience utilisée ensuite dans les autres camps de concentration et d’extermination bâtis sur le territoire de la Pologne occupée.

Le premier jour de fonctionnement du camp de Kulmhof, on y mis à mort les juifs de la ville voisine de Kolo. Au cours des semaines suivantes, on y exécuta les populations juives des environs du village. À partir de janvier 1942, on commença à faire venir au camp les Roms de Lodz, puis les juifs du ghetto de Lodz, ainsi que des juifs d’Allemagne, de République Tchèque et d’Autriche qui, durant cette même période de l’automne 1941, avaient té déplacés à Lodz. Les convois ferroviaires en provenance de « Litzmannstadt » y emmenaient de 700 à 1200 personnes à la fois. Lors de la seconde période du fonctionnement du camp, les massacres furent perpétrés directement dans la forêt de Rzuchów, toujours dans deux camions chambres à gaz.

Selon les estimations des chercheurs, 200000 personnes environ furent assassinées dans le camp de la mort de Kulmhof, parmi lesquelles, outre les populations juives, 4300 Roms et Sintés originaires de la frontière austro-hongroise, des enfants polonais de la région de Lublin et de Zamosć, un petit nombre de prisonniers de guerre russes et, très probablement un groupe d’enfants tchèques des villages de Lidice et de Lezaky.

La mission du musée de l’ancien camp d’extermination allemand de Kulmhof est de maintenir la mémoire des victimes du premier camp de la mort nazi et d’exprimer, à travers ce souvenir, le respect de l’histoire et de la culture locale disparue. La sauvegarde de la mémoire est assurée par les activités scientifiques, éducatives et d’exposition conduites par le musée en collaboration avec des institutions polonaises et internationales, mais aussi avec des particuliers.