Turquie

Antakya (Antioche)

Synagogue, Antakya

Antakya, plus connue sous le nom d’Antioche se situe à 33 kilomètres de la frontière avec la Syrie, nichée dans la région montagneuse de la province d’Hatay.

Hatay, bande de terre coincée entre la Syrie et la Méditerranée, est saluée par la Turquie pour son multiculturalisme et sa tolérance. La province était intégrée à la Syrie jusqu’à son annexion officielle par la Turquie, par voie de référendum, en 1939. Sa population en demeure néanmoins un microcosme de la Syrie, une mosaïque de chrétiens, de juifs, de sunnites, d’alaouites et d’alevis.

Ces dernières années, cependant, avec la guerre à ses portes et un influx de 30,000 réfugiés Syriens, la province a acquis une réputation de base arrières pour combattants et de point de passage pour les candidats au jihadistes étrangers. Sa communauté juive vieille de 2,300 ans disparaît aujourd’hui. Ce n’est pourtant pas la guerre qui a poussé les juifs d’Antakya à la fuite. L’exode a commencé dans les années 1970, quand une vague de violence politique nationale a balayé la Turquie, créant un environnement intolérable pour les minorités du pays.

De part et d’autres de la Turquie, des milliers de juifs ont fui vers la capitale économique et culturelle, Istanbul, ou à l’étranger à la recherche d’une vie meilleure. La communauté d’Antakya n’a jamais retrouvé sa splendeur passée. Si quarante ans auparavant on trouvait quelques centaines de juifs dans la ville, la communauté compte aujourd’hui environ 15 membres, dont le plus jeune a 63 ans.

Synagogue, Antakya

Sur la façade de la seule synagogue de la ville, une étoile de David est gravée sur la modeste structure, qui se fond discrètement avec les immeubles du quartier. Le bâtiment abrite pourtant une synagogue depuis 250 ans, dans la rue adjacente à une église catholique et une mosquée. Les portes s’ouvrent sur une petite cour pavée et quelques arbres et un bâtiment simple en pierre où les hommes se réunissent pour prier chaque semaine à condition d’avoir réuni un minyan. Le sol en marbre et un lourd rideau bleu orné d’inscriptions dorées couvrent l’arche. La synagogue a été construite en 1890. Antakya se trouvant au Nord de Jérusalem, l’arche se trouve sur le mur sud dans une abside semi circulaire.

La diminution de la communauté juive en a fait une présence précieuse à Antakya, où elle est soutenue et protégée par ses voisins et le gouvernement local. Par exemple, en 2014, la municipalité a fait don à la communauté de deux appartements inhabités pour lui permettre d’accueillir gratuitement des fidèles pour Shabbat.

Cimetière juif, Antakya

Les juifs font partie intégrante d’Antakya depuis l’ère pré-chrétienne, quand la ville était connue sous le nom d’Antioche. Les apôtres Paul et Pierre furent parmi les premiers chrétiens à visiter la communauté de la ville, à l’époque un assemblage bigarré de juifs et de païens dont les membres furent les premiers à se déclarer chrétiens, nouvelle foi totalement séparée du judaïsme.

Des relations fortes entre les juifs et leurs voisins remontent aussi loin que la communauté peut s’en rappeler, à une époque où les juifs jouaient un rôle important dans l’économie locale, par le commerce de textile et de tissu. Les juifs étudiaient dans les écoles turques, vendaient leurs biens dans les marchés turcs, et participaient aux festivités avec leurs voisins chrétiens et musulmans.

Statue de la Tolérance (avant modification), Antakya

La communauté d’Antakya gardait de fortes relations avec les juifs d’Alep, avec qui ils partageaient un lien culturel et ethnique. La communauté d’Alep a quasiment disparu avec l’émigration de sa population vers Israël dès 1948.

Aujourd’hui, les tensions politiques et la guerre en Syrie ont transformé ce havre de tolérance en lieu inamical pour les minorités. Dans un environnement tendu, l’antisémitisme réapparaît.

En 2015, la « Statue de la Tolérance » a été érigée sur l’une des places centrales de la ville. Avec ses deux mains levées vers le ciel, l’une tenant un globe, la seconde une croix, un croissant et une étoile de David, le monument souhaitait célébrer la diversité. Cependant, des vandales ont défigurés l’étoile de David de manière répétée jusqu’à ce que les symboles religieux soit remplacés (ironiquement) par une branche d’olivier.

Avec l’aide de la municipalité, le cimetière juif d’Antakya, négligé et en ruines depuis des années, est en cours de rénovations.

 

Sources:

Michael Kaplan, « Jews Spent Centuries in Antakya, Turkey. Now, There’s Only 17 Left. », The Jewish Daily Forward, October 28, 2014.

Danya Chudakoff, « Turkey’s Jewish community longs for the past: With only 18 members remaining, Antakya’s Jewish community struggles to hold onto its rich history and culture. » Al Jazeera, May 14, 2014.


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