Belgique

Liège

Synagogue de Liège

Rue Léon Frédéricq 19 4020 Liège, Belgium

Foyer culturel juif de Liège

Quai Marcellis 12, Liège, Belgique

Synagogue de Liège ©flickr (Marc Delforge)

Il est difficile de trouver des traces de juifs à Liège et dans les environs avant la fin du XVIIIe siècle. En 1811, on ne compte que 24 juifs et seulement 20 à 30 familles à la fin de ce siècle.

En 1914, la communauté, composée de Hollandais et d’Alsaciens, se voit renforcée par des juifs russes qui avaient été faits prisonniers par les Allemands. Certains d’entre eux s’installent à Liège dès 1917. La haute réputation internationale de l’Ecole des Mines attira de nombreux juifs d’Europe de l’Est entre les deux guerres.

Sur une communauté de plus de 2560 personnes, près d’un tiers furent assassinés pendant la Shoah. S’il n’y avait que 594 juifs encore présents à Liège en 1959, ce chiffre augmenta 1500 en 1968, puis chuta graduellement.

Cette ville a donné de nombreux immigrants à Israël et fonctionne aujourd’hui grâce aussi à de jeunes français et israéliens qui s’y installent pour étudier ou travailler.

La  Synagogue de Liège, inaugurée en 1899, est un bâtiment très intéressant à visiter. D’une architecture d’influences mixtes, elle a été classée au patrimoine immobilier de la Région wallonne en 2005. L’autre lieu important de la communauté de Liège est le  Foyer culturel juif. Comme son nom l’indique, il accueille de nombreux événements culturels et rencontres.

Michel Kichka a dédié son plus bel album à son père, Henri Kichka, à ce témoignage si lourd à partager de la Shoah et à la (re)construction d’une famille juive de la région liégeoise. Ces dernières années, Henri Kichka était devenu un inlassable combattant pour le partage du témoignage de cette expérience auprès de nombreux lycéens belges.

Jguideeurope : Vous avez partagé votre histoire dans la bande dessinée Deuxième génération. Avec ses moments de bonheur et ses moments sombres liés à la guerre. Qu’est-ce qui motiva l’installation de votre famille à Seraing ?

Michel Kichka : Mon grand-père maternel s’y est installé avant la guerre, y a ouvert un commerce de confection, persuadé qu’il y avait de bonnes opportunités dans ce cœur économique de la Wallonie. Sa famille a pu se réfugier en Suisse sous l’Occupation, puis est retournée à Seraing après un crochet par Bruxelles. Mon père et ma mère ont tenu une boutique de fringues à Seraing de 1952 ou 53 jusqu’à 1986.

Quels furent les lieux importants qui, pour vos parents, puis pour vous, évoquaient la culture juive à Liège et dans la région ? 

Le Foyer juif de Liège (aujourd’hui on dirait Centre Communautaire) où la communauté se retrouvait pour des célébrations et pour des rencontres était un lieu important. La synagogue de Liège aussi, il n’y en avait qu’une. On y se célébrait les fêtes, mariages et les bar et bat mitsva mixtes. Et puis, le Ken (local) de l’Hachomer Hatzaïr, situé aux étages du Foyer.

La communauté était très homogène, majoritairement ashkénaze, composée de la génération de mes parents et grands-parents ayant survécu à la Shoah. La plupart des magasins de mode homme et femme étaient tenus par des familles juives en plein cœur de la ville qui, à l’époque de ma jeunesse, portait bien son nom : la Cité Ardente !

Que reste-t-il aujourd’hui de cette histoire ?

Un de mes amis d’enfance, Thierry Rozenblum, a publié un livre à ce sujet, Une cité si ardente : les Juifs de Liège sous l’Occupation (Editions Luc Pire, 2010). Il travaille en ce moment sur un second. Au fil du temps, la majorité des familles s’est installée à Bruxelles.

Michel Kichka, Deuxième génération : ce que je n’ai pas dit à mon père. Editions Dargaud, 2012.