France / Paris

Rive Gauche

Synagogue Chasseloup-Laubat. Photo de Mbzt – Wikipedia

Au début du siècle, la bohème mythique de Montparnasse compte dans ses rangs de nombreux peintres juifs russes fuyant les pogroms antisémites de cette époque. Parmi eux : Soutine, Chagall, Zadkine. D’autres, comme Modigliani, sont simplement attirés par le prestige de la ville et participent à la grande effervescence créatrice de cette époque.

C’est au cimetière du Montparnasse que repose le peintre Jules Pascin (22e division), dans ce quartier dont il fut l’un des « artistes maudits» et qui abrita sa vie nocturne et agitée. Né en Bulgarie en 1885, il se suicida à Paris en 1930. Un dessin gravé sur la pierre évoque l’œuvre de l’artiste. Vous déchiffrerez ces mots:

Portrait de Jules Pascin par Albert Weisgerber, 1906
Portrait de Jules Pascin par Albert Weisgerber, 1906

« Homme libre héros du songe et du désir, de ses mains qui saignaient, poussant les portes d’or, esprit et chair, Pascin dédaigna de choisir et maître de la vie il ordonna sa mort.» Un peu plus loin, dans la 28e division, une pierre blanche porte le nom de l’officier Alfred Dreyfus (1859- 1935). Ici repose celui qui fut accusé à tort de haute trahison au profit de l’Allemagne.

L’Hommage au capitaine Dreyfus, sculpture du dessinateur Louis Mittelberg, dit Tim, joue sur deux registres. Le capitaine Dreyfus présente effectivement les honneurs, mais avec le sabre brisé de la dégradation subie à la suite du premier procès.

Au-delà de Montparnasse, vers l’avenue de Ségur, le touriste curieux ne manquera de visiter ce que les vieux Parisiens considèrent comme la plus belle et la plus originale  synagogue de la capitale. Consacrée le 29 septembre 1913, elle fut dessinée par l’architecte Bechmann. La salle intérieure est un carré de 13 mètres de côté. La tribune est supportée par les poteaux de charpente se prolongeant jusqu’à la toiture en coupole de bois octogonale.

JEM Beaugrenelle, anciennement MJLF

La  synagogue libérale de Beaugrenelle du Judaïsme En Mouvement (JEM), offre une des créations architecturales modernes les plus originales. Elle est située dans un centre communautaire avec salle de réception et classes, inauguré en 1980 par le rabbin Daniel Farhi. L’édifice est couvert de carreaux de céramique et visible sur deux niveaux différents de rues qui se superposent.

L’intérieur de la synagogue est assez sobre avec une grande utilisation de bois et des décorations de caractères hébraïques. Le rabbin Delphine Horvilleur participe à de nombreux débats et projets nationaux contemporains, étant suite à Pauline Bebe la deuxième femme nommée à ce poste. Le mouvement a été depuis rejoint par d’autres hommes et femmes rabbins.

Le mouvement Massorti fait son apparition en France dans les années 80. Plusieurs communautés massortis sont présentes à Paris. La plus grande étant celle d’  Adath Shalom, dirigée par le rabbin Rivon Krygier. La présence et le développement contemporain explique la modernité des synagogues accueillant les mouvements libéraux et massorti. Celui où officie Rivon Krygier est situé rue George Bernard Shaw, dans le 15e arrondissment. Un arrondissement qui accueille avec harmonie trois importantes synagogues de la vie parisienne, chacune liée à un mouvement.

Les mouvements en musique, on connait. Créé en 2006, l’Institut Européen des Musiques Juives s’est donné pour mission de collecter, conserver et diffuser le patrimoine musical juif en France et à l’international. Sur scène, Guy Bedos évoqua la diversité des expressions culturelles juives, indiquant que pour Enrico Macias, ce que chantait Serge Gainsbourg n’était probablement pas tout à fait de l’hébreu. C’est cette diversité dans les lieux, temps, styles et époques que vous découvrirez à l’IEMJ, qui met à disposition sur son site web de nombreuses playlists, émissions radio et télés ainsi que des concerts. En vous y souhaitant un agréable voyage musical.