Allemagne / Le Rhin et le Sud

Francfort-sur-le-Main

Judisches Museum

Untermainkai 14, 60311 Frankfurt am Main, Allemagne

Museum Judengasse

Battonnstraße 47, 60311 Frankfurt am Main, Allemagne

Westend Synagogue

Freiherr-vom-Stein-Straße, 60323 Frankfurt am Main, Allemagne

Baumweg Synagogue

Baumweg 5, 60316 Frankfurt am Main, Allemagne

Cimetière juif de Francfort

Battonnstraße, 60311 Frankfurt am Main, Allemagne

Carte de la ville datant de 1840, localisant le cimetière juif

Ville libre de l’Empire, Francfort accueille les juifs dès 1150. Mais, de 1460 jusqu’à leur émancipation, à la fin du XVIIIe siècle, ces derniers sont confinés dans la Judengasse (« ruelle des Juifs»), un ghetto bientôt surpeuplé.

L’une de ces maisons est habitée à partir de 1720 par le prêteur Meyer Amschel Rothschild, son épouse Gütele et leurs dix-huit enfants, dont la dispersion à travers l’Europe est à l’origine de l’édification de la puissance financière de la célèbre famille.

Les bombardements de la fin de la Seconde Guerre mondiale et les travaux de reconstruction du centre-ville après la guerre ont fait disparaître toute trace de l’ancien quartier juif. Des 11000 juifs de Francfort, très peu survécurent à la Shoah.

Au début des années 1960, la municipalité de Francfort décide de consacrer un musée à l’histoire de la communauté juive de la ville. Il est installé dans le Palais Rothschild, au bord du Main, un édifice de style classique édifié en 1821 par l’architecte Johann Friedrich Christian Hess, formé à Paris.

Ce palais est acquis en 1846 par le baron Meyer Carl von Rothschild, chef de la branche allemande, qui le fait transformer afin d’y installer ses prestigieuses collections de meubles, de peintures et d’objets en or.

Musées

Vue extérieure du Musée juif de la ville de Francfort
Museum Judengasse. Photo de dontworry – Wikipedia

Lorsque la ville de Francfort commença des travaux en 1987, on découvrit des ruines de maisons de l’ancienne Judengasse (« ruelle juive ») dans ce qui est considéré comme étant probablement un des plus vieux ghettos d’Europe, fondé en 1460. Des milliers de juifs y habitaient. On y créa donc la deuxième partie du musée juif, appelée en hommage le  Museum Judengasse. Le Judengasse présente une exposition permanente « Mazel et Broche » couvrant cette époque.

Le Musée juif est divisé en deux parties. Tout d’abord le  Judisches Museum, qui a ouvert ses portes en 1988. Il a été ouvert sur le lieu du Palais Rothschild. Il a été rénové et agrandi, afin d’y accueillir plus de public et d’expositions. Le bâtiment historique Palais-Rothschild a été rénové et complété par un nouveau bâtiment érigé par les architectes Staab. Des spectacles de théâtre et de musique juifs y sont donnés fréquemment. On y trouve également un centre de documentation, une bibliothèque et un café.

Juedisches Museum Frankfurt. Photo publiée avec l’autorisation du Musée

Depuis 2021, le Musée dispose d’une nouvelle exposition permanente présentée sur trois étages: « Nous sommes maintenant ». Elle a pour but de mettre en valeur la vie et la culture juive de ce centre historique que représente Francfort. On peut y voir l’évolution au fil du temps, l’impact des événements historiques sur le quotidien et la pratique juive.

En suivant des parcours individuels, comme celui de la famille d’Anne Frank et celui des Rothschild dont les racines historiques se trouvent à Francfort. Deux familles ayant marqué l’histoire de manière très différente. Mais aussi le destin d’artistes et érudits comme Moritz Daniel Oppenheim, Martin Buber, Samson Raphael Hirsch, ainsi que les grandes figures de l’Ecole de Francfort Max Horkheimer et Theodor W. Adorno. Un impact dans les deux sens, puisque ces artistes, intellectuels mais aussi les acteurs juifs de la vie économique et scientifique de la ville influèrent la vie francfortoise et cela même au lendemain de la Shoah.

Westend Synagogue. Photo de Milius – Wikipedia

Synagogues

La plus grande synagogue de Francfort est la  Westend, affiliée au mouvement libéral. Son dôme majestueux est un chef-d’oeuvre architectural. Il fallut deux ans pour construire la structure originale qui fut inaugurée en 1910. Très rare pour l’époque, les femmes n’étaient pas assises à l’étage supérieur, mais au même niveau que les hommes, chaque groupe étant d’un côté de la salle. La synagogue a survécu non seulement au pogrom de Novembre 1938 (ce qui ne fut pas le cas des trois autres synagogues principales de l’époque) mais également aux bombardements alliés.

La veille de Rosh Hashanah 1945, le Rabbin Leopold Neuhaus y organisa les prières face à quelques survivants et des soldats juifs américains stationnés dans la ville. En 1948, la ville, ainsi que la région, s’engagèrent à subventionner les réparations. Depuis 1950, les cérémonies s’y déroulent à nouveau.

Monument installé au cimetière juif de la ville de Francfort
Cimetière juif. Photo de dontworry – wikipedia

Cette synagogue accueille le Stibl, ainsi que le Beit Hamidrash du Westend. Lequel suit le rite du mouvement hassidique. Le lieu abrite également le mynian égalitaire du Rabbin Elisa Klapheck. La synagogue Westend représente aujourd’hui un lieu exemplaire de la cohabitation entre différents courants du judaïsme.

La deuxième plus grande synagogue de la ville est la  Baumweg. Plusieurs autres synagogues accueillent ponctuellement les fidèles.

Cimetières

Autre curiosité de la ville, elle possède 12 cimetières juifs. Trois d’entre eux étant directement connectés à la communauté juive locale. Le plus ancien  cimetière se situe à la Battonnstrasse.

Il permet de confirmer la présence de juifs dans Francfort dès 1150. On peut y accéder en obtenant une clé du Musée Judengasse, en y laissant sa carte d’identité.