France / Centre

Tours

Synagogue de Tours

37 Rue Parmentier, Tours, France

Synagogue de Tours. Photo de Reuillois – Wikipedia

La présence juive dans la ville de Tours date au moins du 6e siècle. Il y a avait au Moyen-Age une rue de la Juiverie, ainsi qu’un cimetière juif. Néanmoins, comme dans l’ensemble des villes de France, cette ancienne présence s’arrêta brusquement avec les expulsions de la fin du Moyen-Age.

Contrairement à de nombreuses villes, l’émancipation des juifs de France suite à la Révolution mit du temps à se concrétiser à Tours. La communauté juive ne prenant forme qu’à la fin du 19e siècle, principalement à partir de 1860.

Des rabbins officiaient dans des salles de prière mais la première synagogue fut construite en 1907 par l’architecte Victor Tondu grâce à un don du mécène Daniel Iffla, dit Osiris. Ses vitraux sont signés de Lux-Fournier, peintre-verrier à Tours. Son premier rabbin, qui exerça jusqu’en 1937, fut Léon Sommer.

Dans l’entre-deux-guerres, les juifs tourangeaux voient leur nombre s’accroitre, notamment grâce à l’arrivée de juifs de Turquie, Grèce et d’Europe de l’Est.

Synagogue de Tours

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les juifs tourangeaux sont arrêtés et internés au camp de La Lande à Monts. Tandis qu’une partie réussit à rejoindre le maquis ou se cacher, les trois quarts des membres de la communauté sont déportés et morts durant la Shoah. Les survivants entreprirent de reconstruire la  synagogue saccagée et la vie juive dans la ville de Tours.

Le 19 avril 2005, Simone Veil inaugure la stèle en hommage aux 34 Justes d’Indre-et-Loire (42 aujourd’hui), qui se trouve dans la cour de la synagogue.

Léa Kerisit

Parmi ces Justes, Léa Keresit, infirmière à l’hôpital Saint-Gratien, qui participa activement à un groupe de passeurs qui permit de sauver de nombreux juifs.

Les années 1960 verront l’arrivée de juifs d’Afrique du Nord, formant la majorité des personnes de confession juive aujourd’hui. Créée en 2009, l’Association Culturelle Israélite d’Indre et Loire participa avec les autorités locales à l’organisation l’année suivante de nombreux événements marquant les 150 ans de la communauté.

En 2019, une cérémonie se déroula à l’Hôtel de Ville de Tours afin de rendre hommage aux 1019 juifs déportés entre 1942 et 1944 et dont seuls 38 reviendront.

Les travaux de l’Association de recherches et d’études historiques sur la Shoah en Val de Loire (Areshval) permirent de retrouver ces noms.