France / Provence

Nice

Grande Synagogue de Nice

7 Rue Gustave Deloye, Nice, France

Musée Marc Chagall

Musée National Marc Chagall, Avenue Docteur Ménard, Nice, France

Synagogue Ezrat Ahim de Nice

1 Rue Blacas, Nice, France

Synagogue Maayane Or de Nice

Association Mouvement Juif Massorti de Nice, 17 Avenue Shakespeare, Nice, France

Cimetière juif de Nice

Cimetière du Château, Allée François Aragon, 06300 Nice, France

Nice. Photo de Miniwark – Wikipedia

La présence juive à Nice date probablement de l’époque grecque. Les occupations successives, liées principalement aux conflits entre la France et l’Italie affectèrent le statut des juifs le long des siècles.

Une présence juive est recensée au milieu du 14e siècle. Nice dépendait alors de la Provence et les juifs furent obligés de porter un signe distinctif.

En 1406, la communauté juive dispose d’un statut officiel, alors que la ville appartenait à nouveau à la Savoie. Deux ans plus tard, elle dispose d’un cimetière près du port Lympia. Une synagogue fut érigée une vingtaine d’années plus tard. Le Duc de Savoie, tout en imposant des restrictions d’habitat et de profession, protégea les juifs des conversions imposées.

A partir de 1448, les juifs durent s’établir dans une Giuderia, un quartier séparé dans la ville, en application de la directive du Pape. Néanmoins on constate une évolution de leur situation sociale et économique.

Grande Synagogue de Nice. Photo de Aimelaime – Wikipedia

En 1499, Nice accueillit les juifs expulsés de Rhodes et d’autres lieux du bassin méditerranéen, suite à l’Inquisition. Au XVIe siècle, les juifs furent autorisés à pratiquer des métiers commerciaux et la médecine, motivant notamment la venue de ces juifs.

La communauté juive se développa avec la venue de juifs marranes d’Italie et des Pays-Bas au milieu du 17e siècle. Le Duc de Savoie encouragea la prospérité de toute la ville et notamment des juifs en décrétant l’établissement d’un port franc à Ville Franche. Des juifs oranais s’installèrent également dans la ville à la fin du siècle.

A partir de 1723, les juifs furent tous obligés par Victor Amédée, roi de Sardaigne, de s’installer dans l’ancien ghetto, la pratique s’étant assouplie auparavant. De rares dérogations sont obtenues.

A la fin du 18e siècle, le Duc Charles Emmanuel III assouplit le statut des juifs, leur permettant de quitter le ghetto, d’acheter des terrains autour du port et de ne plus porter de signe distinctif. Dans cet élan, les juifs obtiennent le droit d’organisé un conseil communautaire en 1761.

Le rattachement de la ville à la France entre 1792 et 1814 eut pour conséquence l’émancipation des juifs comme ce fut le cas pour tous les nationaux depuis les années 1789 (date de la Révolution) et 1791 (décret promulguant l’égalité pour les juifs).

Lors du rattachement de la région à la Sardaigne en 1828, ces droits furent annulés. Ce ne fut qu’en 1848 que l’émancipation fut définitive, avec la suppression du ghetto. Le roi Charles Albert reconnait alors aux juifs l’égalité absolue des droits en tant que citoyens. Une évolution favorisée par le dévouement de Benoit Bunico, conseiller municipal. A sa mort, la rue de la Guidaria est rebaptisée rue Benoit Bunico. L’Edit de 1430 est donc définitivement abrogé.

Malgré ces évolutions, le nombre de juifs niçois fut relativement très faible tout au long du 19e siècle. En 1808, ils constituaient seulement 300 âmes. En 1909, soit cent ans plus tard, ce chiffre n’augmenta que de 200 personnes.

De nombreux juifs s’installèrent dans la ville suite au début du 20e siècle. Parmi eux, l’écrivain Romain Gary. « Ce fut à treize ans, je crois, que j’eus pour la première fois le pressentiment de ma vocation. J’étais alors élève de quatrième au lycée de Nice et ma mère avait, à l’hôtel Négresco, une de ces « vitrines » de couloir où elle exposait les articles que les magasins de luxe lui concédaient… » Au début de La Promesse de l’aube, l’auteur raconte l’arrivée en France de la famille et le dévouement de sa mère à les faire survivre, prétendant ne pas aimer la viande pour que son fils en ait assez. Son seul réconfort étant sa réussite à devenir un français fier de sa patrie et un grand homme de lettres, éblouie par la lecture de ses poèmes d’enfant. « Tu seras d’Annunzio ! Tu seras Victor Hugo, prix Nobel ! »Romain Gary gardera son attachement à la ville et à l’engagement pour la patrie. Comme il le raconte quelques pages plus tard lors du service militaire. Il reprendra du service d’ailleurs quelques années plus tard en rejoignant De Gaulle.

Musée Marc Chagall. Photo de Europe22 – Wikipedia

Lorsque Nice fut dans la libre puis tomba sous le contrôle italien pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de juifs y trouvèrent refuge. Lorsque les troupes allemandes prirent possession de la ville en 1943, la situation changea brutalement. En cinq mois, 5000 juifs arrêtés et déportés.

L’évolution de cette situation est bien décrite par Joseph Joffo dans son livre Un Sac de billes. La famille Joffo, qui habitait dans la 18e arrondissement de Paris s’était retrouvée à Nice pour échapper aux rafles. Joseph et son frère Maurice, arrêtés par la Gestapo, sont sauvés par le curé de Nice qui témoigne en leur faveur, produisant des certificats de baptême.

A la Libération, des centaines de juifs niçois entreprirent de reconstruire la communauté. L’arrivée des juifs d’Afrique du Nord dans les années 1960 fit augmenta leur nombre à 20000. On estime aujourd’hui le nombre de juifs niçois à moins de 10000.

Rue Bunico (ex-Judaria). Photo de Patrice Semaria – Wikipedia

On trouve aujourd’hui une dizaine de synagogues ou salles de prière à Nice. De style néo-byzantin, la  La Grande Synagogue, construite par l’architecte Paul Martin, a été inaugurée en 1886.

On y observe une façade de pierres pyramidale avec une rosace centrale. Elle dispose de belles décorations intérieures avec notamment douze vitraux à thèmes bibliques.

La  synagogue Ezrat Ahim de Nice suit un rite ashkénaze. Elle a été ouverte en 1930 et possède une architecture intérieure intéressante.

La  synagogue Maayane Or du mouvement Massorti de Nice a été ouverte en 1996. Elle dispose également d’un grand espace culturel et communautaire, avec un Talmud Torah, des cours d’hébreu, fêtes religieuses et autres activités.

Cimetière juif de Nice. Photo de Aimelaime – Wikipedia

Le  cimetière juif se trouve au sein du Cimetière du Château créé en 1783, dans sa partie sud. Un cénotaphe a été installé à l’entrée du cimetière aux victimes niçoises de la Shoah.

Lieu incontournable à visiter à Nice : Le  Musée Marc Chagall. Un musée qui est le fruit du souhait du ministre de la Culture André Malraux en 1969. L’artiste participe au développement du projet. Il crée et donne des œuvres pour le Musée et participe aux inaugurations d’expositions. Ne limitant pas son soutien à la peinture, Chagall y lance une politique de concerts. A sa mort, en 1985, le Musée reçoit 300 œuvres de Marc Chagall. Les héritiers de l’artiste poursuivent ensuite les dons au musée.