Roumanie

Transylvanie

Au nord de la Valachie et à l’ouest de la Moldavie, au centre de l’arc des Carpates, s’étend la Transylvanie, le pays « au-delà des montagnes », nommé également Erdely en hongrois et Siebenburgen (« les Sept Cités ») en allemand.

Les guerriers daces l’habitent jusqu’en 107 quand ils sont soumis par les légions romaines de Trajan, parmi lesquelles la 13e gemina recrutée en Judée. Mais, en 217, l’administration romaine abandonne la Dacie sous la poussée des grandes migrations qui culmineront avec l’arrivée des Magyars au Xe et XIe siècle. Les XIIe et XIIIe siècles voient arriver les colons anglo-saxons et souabes en provenance du Saint-Empire romain germanique. Ils s’installent, à la demande des rois hongrois, pour servir de rempart contre la menace turque et tatare, à l’abri du versant septentrional des Carpates.

Soumise au royaume magyar, tantôt principauté indépendante, tantôt occupée par les Turcs, la Transylvanie est incorporée à l’Empire autrichien en 1691. Devenue hongroise à partir de 1867, au sein de la monarchie bicéphale des Habsbourg, la population roumaine qui y vit, largement majoritaire, demande et obtient après la Grande Guerre son rattachement à la Roumanie, sanctionné par le Traité de Trianon. en 1940, suite aux pressions de l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, Bucarest doit céder la partie nord-ouest de la Transylvanie à la Hongrie. Elle redevient roumaine après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

S’il est admis qu’un petit nombre de juifs sont venus avec les légions romaines, les premières arrivées significatives, d’origine séfarade, ont lieu après le XVIe siècle, par les routes commerciales, soit depuis les principautés danubiennes, soit des Balkans déjà sous tutelle ottomane. Ce n’est que plus tard, après l’annexion par Vienne, que débute l’immigration ashkénaze en provenance de la Pologne.

L’histoire des juifs de Transylvanie s’affirme entre l’attachement rigoureux à la tradition de ceux qui vivaient dans le nord avant leur extermination (de langue yiddish, entre Sighet et Baia Mare, berveaux du hassidisme et d’une orthodoxie ashkénaze souvent opposés) et les juifs de langue hongroise ou germanophones, de tendance plutôt réformiste à l’ouest et au sud, Oradea et Arad, Timisoara et Cluj, Sibiu et Brasov.

Sous le règne des derniers Habsbourg, les juifs de Transylvanie jouissant des mêmes droits que les autres citoyens de l’Empire, ne connaissent ni discrimination ni marginalisation. Ce n’est qu’une fois la Transylvanie unifiée à la Roumanie qu’ils doivent combattre, avec succès, pour la reconnaissance de leurs droits civils et de leurs droits en tant que minorité. À partir de la seconde moitié des années 1930, ce succès est remis en question. De septembre 1940 au mois de mars 1944, les communautés juives du nord-ouest de la Transylvanie se retrouvent sous l’autorité du chef d’État hongrois Horthy. Ils subissent alors une législation antisémite aussi inhumaine que celle endurée par les juifs restés dans la Roumanie du général Antonescu, qui eux, auront miraculeusement la vie sauve. Au printemps 1944, pratiquement toute la population juive de la Transylvanie occupée est déportée à Auschwitz et gazée. Les survivants sont très peu nombreux.